Le jour de gloire n’est pas arrivé, mais Julien Jousse aurait pu disputer la victoire à Monaco. Il s’en est fallu d’un drapeau rouge et d’une ondée printanière tombée une heure et demi trop tôt ! A deux pas de sa région d’origine, le Varois n’en a pas moins produit une très belle course, conclue au pied du podium. Il a aussi marqué des points importants qui lui permettent de revenir au 4ème rang du championnat.
Le sort de la course s’est joué lors des qualifications, comme le laisse entrevoir le classement final, identique pour les quatre premières places à la composition de la grille de départ. Les 26 voitures sont séparées en deux groupes compte tenu de l’étroitesse des légendaires rues monégasques. La répartition se fait en fonction du classement provisoire du championnat, et Julien se retrouve donc dans le groupe A en vertu de sa 5ème place. La pluie se met à tomber vers 8 heures du matin, et au moment où le premier groupe entre en scène, la piste est très détrempée. A l’inverse, les pilotes groupe B auront l’opportunité de passer en pneus slicks pour signer des temps de dix secondes plus rapides que leurs collègues du groupe A. Le meilleur temps absolu, et la pole position du côté intérieur de la grille qui l’accompagne, ne peut donc échapper à l’un d’entre eux.
Les conditions d’adhérence évoluent sans cesse pendant la séance, mais Julien, très à l’aise, semble bien parti pour s’approprier le meilleur chrono. A quelques minutes de la fin, il est devant, puis le leader du championnat Giedo Van der Garde améliore. Mais le Varois n’a pas dit son dernier mot. Il est parti pour un autre tour canon quand Daniil Move percute le rail et provoque l’interruption de la séance au drapeau rouge. Stoppé dans son élan, Julien espère une relance car il reste six minutes. Mais celle-ci ne viendra pas et il reste sur son 2ème temps, synonyme pour les raisons évoquées plus haut d’une place à l’extérieur de la deuxième ligne de la grille. « C’est dommage, car l’auto était performante, j’étais en confiance et je sentais vraiment le meilleur temps à ma portée. »
Dimanche matin, la pluie incite la direction de course à donner le départ lancé après deux tours derrière le safety-car. Ceci interdit tout espoir de grappiller l’une ou l’autre place au premier virage. Parti 4ème, le pilote Tech 1 Racing rejoint l’arrivée à cette même position. Prudent dans les premiers tours en raison de la visibilité réduite par les projections d’eau des voitures qui le devancent, Julien hausse le rythme et revient au contact de Fairuz Fauzy, juste avant la première neutralisation de la course. « La piste avait quelque peu séché, elle était donc devenue piégeuse et je sentais qu’il était possible de pousser Fauzy à la faute. Il en a fait plusieurs, mais je n’ai pas pu trouver l’ouverture. Puis, le safety-car est revenu en piste, jusqu’au drapeau rouge final, et toute chance de dépassement a disparu. Je finis 4ème sans rien avoir à regretter, j’ai donné le maximum en qualification comme en course. »
L’analyse du début de la saison de Formula Renault 3.5 Series montre en tout cas que Julien s’est montré très compétitif sur les trois circuits, aussi différents que prestigieux, fréquentés depuis le début de la saison. Après Monza, Spa et Monaco, la World Series by Renault fera étape à Silverstone, les 7 et 8 juin prochains.
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