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 Fun Cup : 25 Heures de Spa

Les 25h de Spa vues de l'intérieur


L'attente du départ

Pour tous les passionnés de sport automobile, le circuit de Spa-Francorchamps possède une place à part, pour son histoire et son tracé magnifique. Quand on vous propose d’être passager durant les 25h de Spa-Francorchamps, à bord d’une Fun Cup, vous ne pouvez donc pas refuser !

Avant d’entrer dans le vif du sujet, une petite présentation de la Fun Cup s’impose. Son objectif est simple : Permettre à tous pilotes, amateurs comme professionnels, de disputer des courses au volant d’une auto facile à conduire et peu onéreuse. Techniquement, il s’agit d’un châssis tubulaire accouplé à un moteur Volkswagen de 130 chevaux (ou 140 pour les biplaces) en position centrale arrière, recouvert d’une coque au look des mythiques Coccinelles ; le tout pour 680 kg. Il existe un championnat de Fun Cup dans plusieurs pays européens, et toutes les nations se retrouvent un fois l’an sur le circuit de Spa-Francorchamps, pour une course de 25 heures. La Fun Cup est aussi la seule discipline où les pilotes peuvent embarquer des passagers durant les courses.

Je rencontre mes chauffeurs d’un week-end le vendredi, jour des qualifications. Ces derniers ont déjà participé à plusieurs 25h de Spa, et sont plus ou moins actifs dans le milieu de l’automobile. Je suis donc bien entouré ! Quant à la voiture, il s’agit de la numéro 313, une Fun Cup blanche et rose fluo, bien visible au milieu de ses congénères.

La première séance de qualification se déroule en fin de matinée, sur une piste humide. L’installation dans la voiture n’est pas très compliquée (du moins, avec ma taille de guêpe !), mais cela reste une voiture de course, avec un arceau de sécurité, un siège baquet et un harnais, le but du jeu étant de s’installer le plus rapidement. Même si les Fun Cup biplaces ne peuvent pas se battre à la régulière contre les monoplaces pour la victoire générale, à cause du surpoids du passager, il existe un classement qui leur est dédié. Une fois installé et harnaché, il n’y a plus qu’à rester assis, et apprécier le spectacle (sans toucher à rien, évidemment !).


A l'attaque de l'Eau Rouge

Le circuit de Spa-Francorchamps est à la hauteur de sa réputation. Vallonné et rapide, c’est une fabrique à sensations à chaque virage. Le fameux Raidillon de l’Eau Rouge à lui seul vaut le détour ! On se sent comprimé dans son baquet quand la voiture attaque la montée, puis arrivé en haut, l’effet inverse se produit, on se sent tiré vers le toit ! Le double gauche de Pouhon est aussi assez grisant, la force centrifuge nous emporte vers la droite du véhicule. On ne doit qu’à son harnais de ne pas se retrouver sur les genoux du pilote ! La Fun Cup n’a pas une accélération fulgurante, mais cela suffit à procurer de bonnes sensations. Par contre, l’adhérence et le freinage m’ont bluffé, surtout que les Fun Cup sont équipés de pneumatiques Uniroyal de série !

Si la première séance de qualification se déroule sur une piste humide, la deuxième se passe sur une piste asséchée par les autres véhicules. Et que ce soit sur le sec ou le mouillé, le constat de mes chauffeurs est le même : la voiture est parfaite ! De bon augure pour la course. Le départ est prévu samedi à 17h. Cela laisse le temps de regarder les autres courses du week-end, et de préparer le planning des relais pilotes et passagers. Un passager ne peut pas effectuer de relais supérieurs à trente minutes, et il faut permettre à chacun des « élus » de passer un maximum de temps dans la Fun Cup.

Samedi, 17h : départ de la course, 180 Fun Cup (dont 25 biplaces) s’élancent sur les sept kilomètres de Spa-Francorchamps ! Le départ est impressionnant, avec cette file interminable de voitures. Si les premiers attaquent le raidillon en paquet, le reste du peloton semble plus discipliné. Quelques autos s’accrochent dans les premiers virages, mais globalement, tout se passe bien. Pour notre petite auto rose et blanche, pas de soucis ! La stratégie de nos pilotes : Ne pas prendre de risque, la course est longue…


Difficile de louper la 313

Mon premier relais en passager est pour 19h. Aucun incident n’est venu perturber la marche de la 313, qui pointe dans les huit premiers de la catégorie biplace. Quand la voiture arrive au stand, pas question de lambiner ! Un mécanicien de l’équipe « arrache » le passager précédent du baquet, je me jette dedans, on me sangle, et c’est parti !

Mais après un tour et demi en course, vitesse limitée en piste pour toutes les voitures : un accident s’est produit en piste, et il faut dégager les voitures abimées. Les neutralisations de ce type sont assez courantes durant 25h. Tout au long de la course, les bacs à sable se remplissent de morceaux de carrosserie, et les Fun Cup en piste dans un état impeccable se font de plus en plus rares ! Après un bon quart d’heure, la course est enfin relancée, mais il est déjà temps de laisser mon baquet au passager suivant.

La course se déroule sans anicroche pour nous. Le soleil commence à se coucher, les rampes de phares sont installées, les tribunes se vident, la nuit va être longue… Première tentative de repos à minuit, avortée par une première alerte pour la voiture : la cinquième vitesse a du mal à passer ! J’attends la fin du relais suivant, pour avoir plus d’informations, et la cinquième semble à nouveau passer correctement.


Un changement d'équipage durant la nuit

Ouf ! J’arrive à somnoler 2 petites heures dans le camion de l’équipe, malgré le ronron des voitures, et la musique. Mon prochain relais est à 4h30, et la fatigue commence à se lire sur le visage des membres de l’équipe. La voiture a un peu souffert, les bavettes à l’avant ont disparu lors de contact avec d’autres concurrents. Cela génère un peu de sous virage, mais la voiture se comporte toujours bien.

Ce relais de nuit se passe sans neutralisation, mon pilote semble très en forme malgré l’heure. Mais un concurrent trop pressé veut nous passer à l’épingle de la Source et nous touche : le parallélisme de la voiture en prend un coup ! Heureusement, le problème sera vite réglé par les mécaniciens aux stands, au moment du changement de plaquettes de frein et de pneus. 5h30, troisième relais à bord de la voiture, et malgré le surpoids du passager, nous continuons à doubler des monoplaces.

Le jour se lève sur Spa-Francorchamps, et la 313 continue sa remontée dans la hiérarchie, aidée par les circonstances de course, mais surtout grâce au talent des pilotes. Nous pointons à la troisième position des biplaces, avec plus d’arrêts que nos concurrents directs, et surtout plus de poids dans la voiture en général. Beaucoup d’équipes en biplace ne jouent pas le jeu des passagers, et tournent « à vide » pour aller plus vite. Mais dans le règlement, il est seulement imposé est de faire 40 arrêts aux stands minimum.


Le circuit de Spa vu de l'intérieur

Soudain, à 9h, la voiture rentre dans le box : la cinquième vitesse ne passe plus du tout ! Les mécaniciens de l’équipe se jettent sur la voiture et décident de changer la boite de vitesses. Une demi-heure plus tard, l’opération est effectuée, la voiture repart, bravo les gars ! On en profite également pour remettre des bavettes à l’avant, afin de redonner un meilleur équilibre à la voiture. Malheureusement, nous sommes tombés dans la hiérarchie, et nous ne pointons plus qu’à la neuvième position des biplaces.


Le Raidillon de l'Eau Rouge vu de l'intérieur

10h30, j’effectue mon dernier relais dans le baquet de gauche (le pilote se trouvant dans celui de droite). Entre la course et les essais, je suis passé aux côtés de plusieurs pilotes, ce qui donne une place exceptionnelle pour observer leurs styles de pilotage : très coulé, agressif, ou jouant avec le train arrière… Beaucoup de différences, mais une réelle vitesse pour tous, nous doublons des voitures sensées être plus rapides que nous. Chapeau ! Malgré tout, nous restons scotchés en neuvième position des biplaces. Changement de stratégie : les deux dernières heures, qui devaient s’effectuer avec des passagers, vont se faire à vide. Le pilote pourra aller plus vite, et surtout, il n’aura pas à s’arrêter toutes les demi-heures.


La fin de course approche pour notre vaillante Fun Cup

18h, fin de la course. Le changement de stratégie ne nous a permis de grappiller qu’une seule position, nous finissons huitième des biplaces. Mais finir est largement suffisant au bonheur de l’équipe, dont le but n’est pas de jouer la gagne, mais de se faire plaisir et de faire plaisir aux passagers.

Mission accomplie, ces trois jours ont été une formidable expérience ! Un grand merci aux pilotes, ainsi qu’à leur entourage et camarades passagers, qui ont fait de cette aventure sportive une formidable aventure humaine. Et bravo à toute l’équipe Evorace, qui a toujours travaillé dans la bonne humeur malgré les difficultés. Bonne continuation à tous et merci !

Cyril Audras , le 16 juillet 2008
© Photos : C.Audras - www.racingforever.com

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