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GP2 : Monza, Romain Grosjean

Un nouveau podium à Monza


C'est l'heure du bilan pour Romain Grosjean

Romain Grosjean a mis un point final à une saison riche de deux championnats avec un titre en poche en GP2 Asie, une 4è place finale en GP2 Europe et un nouveau podium pour la finale de Monza.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 6 victoires, 11 podiums, 5 pole positions et 8 meilleurs tours en course, sans oublier le sacre en GP2 Asie et une 4ème place finale en GP2 Europe, à 2 points du titre honorifique de vice-champion. L'année de Romain Grosjean est un succès. Riche de 30 courses et d'un programme F1 avec Renault, elle nécessitait une préparation sans faille, un talent hors norme et une grande maturité pour un pilote de 22 ans. Le membre de l'Equipe de France FFSA Circuit et du programme Renault Driver Development avait tous ces atouts dans son jeu. Pourtant, d'obédience perfectionniste, au soir de Monza il nous avouait du bout des lèvres " Il me manque deux points, c'est dommage. En arrivant à Monza mon objectif était de terminer sur le podium du championnat GP2 Europe… "

L'Autodromo di Monza, le temple de la vitesse en Europe. On ne présente plus le mythique circuit lombard. Quoi que, Romain a dû dépoussiérer ses souvenirs de Monza, qu'il n'avait jamais pratiqué au volant d'une monoplace aussi puissante et dépourvue d'appuis telle que l'était sa Dallara Renault du GP2 Europe. " La dernière fois que j'avais roulé ici c'était en Formule Renault. Ma première mission était donc de prendre mes marques mais la météo a douché mes espoirs ! Il pleuvait pendant les essais libres et les qualifications ont été épargnées par la pluie… ". Forcé de faire un voyage dans l'inconnue pour les 30 minutes qui décident l'ordre de départ de la première course, Romain boucle l'aventure avec sa moins bonne position sur la grille de départ cette année, la 11è. " Honnêtement je n'ai pas été assez performant en qualifications. Je n'ai pas réussi à trouver mes repères et nous avons constamment couru derrière les réglages. En 30 minutes d'essais ça faisait beaucoup de paramètres à maîtriser. "

La météo italienne poursuit sa loi de l'alternance en laissant s'abattre des trombes d'eau sur l'Autodromo di Monza peu avant le départ de la première course du week-end. La piste copieusement détrempée et le manque de visibilité incitent les organisateurs à procéder à un départ lancé. La voiture de sécurité boucle les trois premiers tours en tête de la meute noyée par de formidables gerbes d'eau. Une fois libéré, le peloton s'égaye en tous sens et la première priorité est alors de rester en piste et de rester à l'écart des bousculades. Romain y parvient avec sang-froid et se met en demeure de remonter au classement. Mais s'écarter de la trajectoire qui commence à s'assécher est immédiatement sanctionné par une sévère perte d'adhérence et les dépassements en sont d'autant plus compliqués. Le Français se fraie pourtant un chemin jusqu'au 5è rang. " J'ai fait une belle course, sage avec une voiture qui ne m'inspirait pas confiance mais qui m'a permis d'entretenir l'espoir de finir  dans le tiercé de tête du championnat. J'ai perdu énormément de temps derrière Rodriguez et Buemi était déjà loin lorsque j'ai enfin pu trouver l'ouverture. J'ai donc assuré la 5è place en pensant au lendemain. "

La course dominicale commence sous de mauvais auspices pour le pilote de l'Equipe de France Circuit FFSA. " Nous avions pensé que la météo serait clémente, mais il pleuvait. Nous avons constamment jonglé avec les réglages et des compromis pas toujours très heureux " explique le pilote ART Grand Prix, " En course j'ai été gêné par D'Ambrosio qui a coupé la chicane par deux fois et a gardé sa position. On m'a demandé pourquoi il n'avait pas été sanctionné… je ne sais pas ! Une fois 2è, j'ai tout donné pour essayer de remonter sur le leader car j'avais encore une chance de passer devant Senna et Di Grassi au championnat. J'ai commis une faute en attaquant et je n'ai pas trop de regrets à avoir. Les points perdus plus tôt dans la saison, sans que l'écurie ni moi n'ayons quoi que ce soit à nous reprocher, font bien plus mal. "

grosjean02.jpg

2008 restera malgré tout un excellent millésime dans la carrière de Romain, qui termine l'exercice en étant l'un des rares champions internationaux de monoplaces. " Je conserverai un excellent souvenir de cette saison et de mon travail avec une écurie fabuleuse. Nous avons obtenu un titre en GP2 Asie et si le GP2 Europe s'est moins bien déroulé nous avons démontré que nous avions le potentiel pour réussir de grandes choses " confirme Romain, dont le cœur balance entre la frustration de terminer à la 4è place du GP2 Europe après avoir conquis le titre dans le championnat Asie et la joie d'une année exceptionnelle. Le sacre en GP2 Asie lui a parfois porté préjudice pour la saison européenne. " C'était certainement l'année la plus difficile de ma carrière car c'était une découverte totale et plus on grimpe dans la hiérarchie plus la pression monte. Le titre Asie était fabuleux et on attendait beaucoup de moi par la suite " reconnaît le Français. Moins prolifique sur le plan des résultats bruts, la campagne européenne a néanmoins offert une plateforme de choix au talent de Romain, meilleur néophyte de la discipline et qui s'incline devant Giorgio Pantano, dont l'expérience (quatre années de GP2, une de F1, une connaissance parfaite de l'immense majorité des circuits) a lourdement pesé dans la balance. " Je me suis battu contre des pilotes très expérimentés et avec une voiture que nous connaissions moins bien et qu'il a fallu adapter en permanence aux circonstances " constate Romain, " Mais on a aussi eu un cruel manque de réussite. J'en veux pour preuve les seuls avatars du Hungaroring et de Magny-Cours : dans le premier cas je crève dans le tour de formation alors que je suis en pole position et dans le second je suis en tête lorsqu'une pièce à 20€ casse et ruine tous nos efforts. Et puis il y a Valence où mon ancien équipier Filippi me percute volontairement alors que j'étais en route pour une victoire…"

  Quid de 2009 ? Avec un palmarès étoffé d'un nouveau titre international - son 2è consécutif après celui acquis en F3 Euro Series l'année dernière -, d'une expérience de l'antichambre de la F1 et de plusieurs roulages probants à bord de la Renault F1, que lui réservera l'avenir ? " Je ne sais pas encore et ça dépendra avant tout de ceux qui travaillent efficacement à mon parcours. Une 2è année en GP2 ? Pourquoi pas, si ça devait être le cas j'aimerais que ce soit avec ART Grand Prix car cette écurie est tout simplement fabuleuse. La F1 ? C'est le but ultime, mais il ne faut pas brûler les étapes et je suivrai les conseils avisés de l'équipe qui m'encadre. "

Communiqué

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