Arnaud Peyroles est arrivé à Lédenon en leader du FFSAGT, le résultat des deux pole positions, du podium et de la victoire partagés à Nogaro avec Renaud Derlot. Les deux équipiers étaient d’ailleurs toujours assez largement en tête en quittant le circuit gardois, grâce à une belle remontée vers la 4ème place dans la course 1, et malgré un fil de bougie dévastateur dans la course 2.
« A Nogaro, j’ai pris le départ dans des conditions très délicates. La piste était en train de sécher et au bout de quelques tours il s’est remis à pleuvoir. Une Ferrari est tout de suite revenue, je l’ai laissée passer parce qu’il n’y avait aucun enjeu à ce stade de la course et de la saison. J’ai gardé le contact. L’autre Corvette du Graff Racing, pilotée par Gérard Tonelli, était juste derrière.
L’important était de garder un rythme régulier sans se laisser trop pénaliser par les conditions, c'est-à-dire résister coûte que coûte à la tentation de s’arrêter pour mettre des pneus pluie, par exemple.
Pour moi c’était vraiment une épreuve puisque dans les mêmes conditions et avec une voiture identique, je suis sorti de la route au Castellet en championnat d’Europe et j’ai tapé un rail à 170 km/h.
Cela m’a valu une double page dans Auto Hebdo, mais aussi un souvenir très douloureux. J’avais forcement cela en mémoire à Nogaro donc je ne suis jamais allé chercher la limite. La pluie absolue, j’adore, ça s’est vu aux essais hier. Les conditions de sec j’adore. Le « gramouille » en Lamborghini, en Viper, j’adore. Mais avec cette voiture là, ça peut être terrible car elle décroche d’un coup.
En cas de perte d’adhérence violente par exemple en début de ligne droite, la voiture peut prendre un angle de 45 degrés et taper dans le mur direct. Il faut gérer les écarts, il faut gérer le rythme et les changements de condition d’adhérence puisque d’un coin à l’autre du circuit et d’un tour à l’autre, la quantité d’eau n’est pas la même. Il y a des événements à gérer en permanence.
J’étais très bien coaché par mon ingénieur qui me disait dans la radio : « ok, tu roules comme ça c’est bien ». J’étais « confort »… Le problème c’est qu’il n’y a pas de marges entre « confort » et « dans le mur ». C’est une position un peu frustrante parce qu’on est à fond dans la responsabilité. »
Arnaud tenait à tirer un coup de chapeau à son équipe et à son équipier. « Je suis ravi de rouler avec Renaud, qui est super bon, qui est un super mec (NDLR : champion de France de Formule Ford et de Formule Renault avec le Graff Racing, vainqueur de la Coupe d’Europe de F3, champion de la Porsche Carrera Cup 2009… avec le Graff bien sûr).
Le Graff est une équipe très homogène, très pointue, avec une véritable expertise, c’est vraiment une PME. En GT, on est dans une filière d’artisans et de PME. La Corvette a été développée par Callaway, avec qui j’ai roulé en FIA GT3, un petit préparateur allemand et un super mec.
J’ai vécu une saison terrible l’année dernière avec eux, car les voitures ont été énormément bridées par le règlement. Moi ce qui m’intéresse, ce sont les gens qui font la différence par leur engagement, leur talent, leur intelligence de la gestion des situations. Les moyens qui sont mis en œuvre pour faire courir les Corvette sont très limités par rapport à ce qui peut être déployé par Audi, Porsche ou Ferrari ça n’a rien à voir, on n’est pas dans la même échelle et pour moi, c’est un élément important. »
Il reste à Arnaud Peyroles à connaître un peu plus de succès et de fiabilité de sa Corvette pour une fois de plus repartir après un meeting FFSA GT en tête du championnat
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