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La Porsche IMSA Performance Matmut à l'arrivée
Deux mois après sa première victoire en Le Mans Series, l’équipe IMSA Performance Matmut a récidivé ce week-end à Imola. Sur le circuit Enzo et Dino Ferrari, la Porsche #67 aux couleurs de la Matmut a triomphé au terme d’une course rendue très difficile par les conditions de chaleur et l’intense trafic en piste. Une victoire qui vaut à Raymond Narac et Nicolas Armindo de s’emparer de la première place du classement général provisoire en Le Mans Series. Dans le même temps, Patrick Pilet et Wolf Henzler obtiennent un nouveau top cinq à l’issue d’une course âpre entre les Ferrari et les BMW.
Réputé difficile pour les machines (beaucoup de relances et de freinages) et pour les pilotes (tracé dans le sens anti-horaire), le tracé d’Imola a toujours eu la réputation d’être un circuit sélectif. Tristement connu depuis le funeste 1er mai 1994 (décès d’Ayrton Senna et de Roland Ratzenberger en essais la veille), le circuit d’Emilie Romagne a été redessiné depuis. Et c’est sur un circuit où la moyenne reste proche des 200 km/h (pour les prototypes) que les concurrents de la Le Mans Series se sont sont affrontés ce week-end.
Pour l’équipe IMSA Performance Matmut, cette course s’est avérée beaucoup plus intéressante que les essais. Sur chacune des deux voitures, l’alternance a été de mise entre les pilotes. Nicolas Armindo et Patrick Pilet ont respectivement pris le départ au volant des voitures #67 et #76 avant de céder le volant de leur monture près de 75 minutes plus tard. Raymond Narac et Wolf Henzler, tout aussi appliqués que leur équipier respectif, réaliseront un parcours sans faute, même si l’histoire retiendra quand même une crevaison pour Henzler au cours de son deuxième relais. Une crevaison due à un des innombrables débris présents sur la piste et qui coûtera à la Porsche #76 plusieurs dizaines de secondes. Sans cette avarie, sûr que l’équipage engagé en GTO Pro se serait classé devant leurs adversaires directs, Marc Lieb et Richard Lietz (Porsche #77). Malgré cette petite frustration, Wolf et Patrick nourrissent la satisfaction d’avoir, pour la première fois de la saison, rallié l’arrivée. Pour Nicolas et Raymond, il s’agit d’une deuxième victoire consécutive en Le Mans Series en catégorie GTE Am. De quoi les positionner plus que favorablement dans la course au titre alors que la mi-saison vient d’être atteinte.
Franck Rava : « Le week-end a été bon. Porsche a été présent tout le week-end avec nous et quand tout se passe bien, l’équipe sait être performante. On a fait 5ème en GTE Pro, malgré une crevaison, sans quoi nous finissions première Porsche en GTE Pro. On s’impose en GTE Am après une très belle course face à nos amis de chez Felbermayr, la référence. Le week-end est donc très bon pour nous, d’autant qu’à Dijon, nous avons décroché les 2ème et 3ème place. Toute l’équipe a superbement bien travaillé, personne n’a fait de faute. Ce bon résultat d’ensemble quelques semaines après Le Mans et le fait d’être en tête du championnat va nous permettre de partir en vacances sereinement. »
Raymond Narac : « Patrick Long, notre adversaire direct, a été extrêmement rapide dans son premier relais. Quand je suis arrivé en piste, ça n’a pas été simple car je me suis retrouvé derrière la Corvette et derrière Lemeret qui, avec un tour de retard, a fermé toutes les portes pendant au moins cinq tours. Je n’ai pas trop compris pourquoi cette attitude n’a pas été sanctionnée. Un tour, je veux bien, mais si longtemps… J’ai eu du mal à doubler la Corvette de Gardel également. Je suis devenu un peu nerveux, ce qui m’a occasionné un petit passage dans le bac, mais j’ai pu revenir sur la piste malgré tout. J’ai rendu la voiture en première position. En fin de course, lorsque Patrick (Long) a repris le volant, la course est devenue particulièrement tendue. Pour moi, qui ne suis pas pilote professionnel, luter face à lui était un vrai challenge. Il a fallu rouler à 110% et dans ces conditions, l’erreur est toujours plus vite arrivée… Patrick remontait dixième par dixième et il a fallu surconduire pour arriver à le maintenir derrière moi. Ca n’a pas été inutile car cela l’a obligé à consommer beaucoup et à deux tours de la fin, il a fini par commencer à tomber en passe sèche…ce qui l’a obligé à repasser par les stands juste avant le drapeau à damier. Quelle fin de course ! Je suis vraiment heureux du résultat obtenu par l’équipe ce week-end. Il faut être au top pour signer des bons résultats dans ce championnat et nous l’avons été ce week-end. J’avais dit à Nicolas que ce ne serait pas une course simple, cela s’est avéré. Malgré le fait qu’il a eu un peu de mal à se libérer ce week-end, nous avons vaincu. Nous continuons de progresser ensemble, c’est génial. »
Nicolas Armindo : “Nous sommes montés en puissance tout au long du week-end, en prenant soin de diriger nos efforts pour la course, ce qui nous a logiquement amené à ne pas trop attacher d’importance au résultat des qualifications. Avec Raymond, nous avons démontré ce week-end que nous faisons un très bon équipage, non seulement dans la performance en piste, mais aussi dans nos choix de réglages. Il y a une vraie homogénéité entre nous. Je dois reconnaître que Raymond a travaillé un peu mieux que moi sur la voiture ce week-end car j’étais un peu perdu au départ, du fait de mon ignorance totale de la piste. En plus, il faisait très chaud et dans ces conditions, c’est toujours plus délicat d’avoir un vrai ressenti de la voiture. Je suis vraiment content du travail de Raymond et du reste de l’équipe. C’est grâce à eux que j’ai pu mener correctement mes deux relais. Cela nous a permis de prendre de la distance sur la voiture de Felbermayr et nous sommes très contents de les battre. C’est bon pour le moral de l’équipe et bien entendu pour notre place au classement général. Les derniers tours ont été assez stressants. Je voyais Raymond qui perdait du temps face à Patrick Long dans certains secteurs et qui en gagnait dans d’autres. Quel suspense ! Je me suis même dit que ça allait mal finir pour l’un ou pou l’autre. Et puis dans le dernier tour, il a claqué un tour en 1’48.3, plus rapide que Long !! Quelle classe. Raymond a vraiment fait une course magnifique. Le seul petit problème que j’ai connu personnellement, c’est quand j’ai calé trois fois en repartant des stands, je ne sais pas pourquoi, mais c’est arrivé ! Vraiment, bravo à toute l’équipe. »
Patrick Pilet : « Nous avons fait une bonne course avec Wolf, sans commettre d’erreur. Cela nous a permis d’être devant la #77 à la régulière. Au milieu de son deuxième relais, Wolf a eu une crevaison et cela nous a coûté du temps (environ 30 secondes) car l’équipe n’était pas prête vu que Wolf n’a même pas eu le temps de prévenir l’équipe qu’il rentrait. Cela nous a également obligé à rouler sur un mode « safe » en fin de course. On était dans le match pour finir première Porsche, ce qui aurait été une plus grande satisfaction encore vu l’écart qui sépare aujourd’hui les BMW et les Ferrari des Porsche. L’équipe a fait un travail impeccable comme d’habitude. C’est toujours frustrant de se donner à fond dans une course pour ne terminer qu’à la 5ème place mais nous savons qu’aujourd’hui, il est impossible d’espérer beaucoup mieux sans des circonstances particulières. Nous n’avions pas eu la possibilité de le faire au Castellet et à Spa, mais là, nous avons démontré avec Wolf que nous pouvons faire au moins aussi bien que Richard (Lietz) et Marc (Lieb) qui se connaissent depuis des années. N’oublions pas que c’est la première fois que je roule en course cette année vu ce qui s’est passé lors des deux premières courses. Cette course a été difficile à cause de la chaleur bien sûr, mais nerveusement, ce n’était pas très confortable car j’ai vu des choses en pistes assez incroyable à ce niveau-là. Il faut parfois se mettre, nous les GT, en danger pour doubler des prototypes. Je félicite Raymond et Nicolas pour leur victoire. Ils ont fait une très belle course et toute l’équipe en est récompensée. On va tâcher avec Wolf de les imiter. Cela s’annonce plus envisageable à Estoril qu’à Silverstone, mais on ne sait jamais ce qui peut se passer… »
Wolf Henzler : « De mon point de vue, c’était une course difficile car il faisait vraiment très chaud et forcément, la chaleur n’est pas bonne, ni pour la voiture ni pour les pneumatiques, qui ont cependant très bien fonctionné. C’est une satisfaction de terminer une première course cette année après nos abandons du Castellet et de Spa. Nous avons parfaitement rivalisé avec les autres Porsche mais face aux BMW et Ferrari, nous ne pouvions rien faire. C’est comme si nous ne roulions plus dans la même catégorie à ce jour. Les performances entre ces trois marques ne sont pas équivalentes. La BMW roule quasiment une seconde au tour plus vite que la Porsche, il est donc difficile de lutter. J’ai crevé lors de mon deuxième relais, probablement en passant sur un débris, car il y en avait de partout sur la piste. Cela nous prive d’une 4ème place je pense car cela a totalement modifié notre stratégie de course. Il était difficile d’envisager un podium ce week-end. »
Communiqué
Michael HOUZé, le Samedi 09 Juillet 2011
© Photos : V-Images/Fabre


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