DAKAR 2006 : Interview Peterhansel
Le vainqueur 2005 part à la conquête d'une nouveau succès

un des favoris 2006
Quel est votre meilleur souvenir au Dakar ?
C'est ma première victoire en moto. Le Dakar a toujours été un rêve pour moi, y participer et remporter ma première victoire était un sentiment très spécial. J'avais l'habitude de voir la course à la télévision et mon rêve était d'y participer, je n'aurai jamais pensé que je pourrai la remporter.
Après cela, il y a aussi ma première victoire avec Jean-Paul (ndlr : son copilote). C'était une nouvelle carrière pour moi. C'était aussi une nouvelle sensation, je ne gagnais pas tout seul mais je représentais le travail de toute une équipe.
Qu'est-ce qui fait le talent d'un co-pilote ?
Un co-pilote professionnel au plus haut niveau du sport automobile se doit d'avoir des qualités spéciales, c'est un travail très compliqué, peut-être même plus que le rôle du pilote lui-même. Un co-pilote doit être bien organisé, il doit être capable de penser à plusieurs choses en même temps. Il également doit avoir de bonnes connaissances en mécanique pour pouvoir se débrouiller, et bien sûr être capable de travailler de longues heures. Quand un pilote a terminé une étape, le co-pilote doit regarder le road-book du lendemain et doit détailler tous les indices de navigation et la carte. Il doit finalement être très bine entraîné physiquement.
Vous rappelez-vous votre première rencontre avec Jean-Paul, votre co-pilote ?
Oui, c'était il y a environ 8 ans quand nous avons été présentés sur le Dakar. Je savais qu'il avait beaucoup de talent et je m'en suis vraiment rendu compte au Desert Challenge en 1999. Nous avons commencé la première étape, et après 30 km nous avons laissé les premières motos sur notre gauche. Jean-Paul a émis l'hypothèse qu'ils étaient perdus et cela a été notre première vraie décision de navigation.
Jean-Paul est très calme, c'est très facile de travailler avec lui.
Vous avez remporté le Dakar a de nombreuses reprise, où trouvez-vous la motivation ?
Je suis dans la compétition depuis plus de 15 ans, le sport est ma vie et je suis toujours très excité par un titre de champion. C'est toujours difficile de gagner, mais je suis passionné par mon sport et j'aime la compétition, j'essaie de faire toujours de mon mieux.
Que diriez-vous après toutes ces années, le désert est-il votre ami ou votre ennemi ?
Le désert peut être très sévère. Il m'a offert, ainsi qu'à Jean-Paul, beaucoup de bons moments, mais également quelques grandes déceptions. J'ai pris beaucoup de plaisirs à admirer les paysages et l'Afrique, en voiture et à moto. Mais malheureusement j'ai aussi perdu des amis dans le désert, il y a eu beaucoup d'accidents. Le désert peut être un lieu impitoyable.
Dans une course comme le Dakar, vous pouvez vous retrouver 10 ou 15 minutes derrière vos adversaires. Quelle est votre stratégie pour regagner ce temps ?
Il y a des tactiques différentes au Dakar que pour les autres rallyes. Les différences entre les pilotes sont plus grandes. La stratégie que vous suivez quand vous êtes leader est différente de celle qu'il faut utiliser quand vous êtes derrière. Je pense qu'une stratégie efficace est de rester en contact avec les autres pilotes rapides, même si vous êtes 15 minutes derrière. Il faut ensuite regarder les étapes qui vous conviennent le mieux ou le mien bien et d'essayer d'attaquer au maximum. Le Dakar ne se gagne pas en une seule étape, il est très important d'essayer de gagner du temps dans les étapes les plus difficiles.
Quelles sont vos impressions sur le nouveau Mitsubishi Pajero Evolution MPR12?
Après 4 semaines de test au Maroc, mes impressions sont très positives. L'équipe a essayé, pas à pas, de travailler sur les suspensions et le moteur. Nous avons maintenant une voiture très fiable. Après 3 ans, nous avons une très bonne voiture, elle s'est améliorée sur le sable et sur les cailloux
Etes-vous confiant pour le prochain Dakar ?
Jean-Paul et moi sommes très confient. Nous sommes rapides et très préparés, mais je ne veux pas dire que ça sera facile. L'expérience nous montre que le Dakar est toujours imprévisible. L'itinéraire est compliqué mais nous sommes très motivés cette année et sommes très impatient du départ.
communiqué, publié le 25 décembre 2005
© Photos : Repsol
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