F1 : les métiers de la F1
Interview Marie Pierre Dupasquier, attachée de presse HTTT Paul Ricard

Une femme très demandée
Débordée mais toujours disponible, Marie-Pierre Dupasquier-Damagnez, attachée de presse du Paul Ricard HTTT, a accepté de répondre aux questions de RacingForever.com.
Vous êtes attachée de presse du circuit Paul Ricard HTTT, en quoi consistent exactement vos tâches ?
Je suis responsable de la communication du circuit, mais aussi de l'aéroport et de l'hôtel.
Mes activités consistent à faire connaître le site par la voie des médias, informer sur ce qui se passe lorsqu'il y a des opérations ouvertes aux médias.
Il y a beaucoup de travail de recherche à faire ; je dois réagir à ce que disent les médias, voir s'ils ne disent pas des choses négatives, ou comprendre pourquoi ils le font le cas échéant. Je dois aussi vérifier les visuels et la retranscription des informations par les médias
Je m'occupe également de l'accueil des médias sur le site.
Avant cela vous étiez dans l'écurie Prost Grand Prix en Formule 1, quelles sont les différences entre ces deux postes ?
Cela n'a rien à voir. Dans l'écurie je m'occupais d'Alain Prost, d'Olivier Panis, de Jarno Trulli, des ingénieurs etc. Mon objectif était de médiatiser l'écurie et les hommes qui la composent. Alain Prost est quelqu'un de très médiatique dans le monde de la Formule 1 et du sport automobile en général, mais sa notoriété était également très importante pour les médias hors automobile. La diffusion de l'information était donc beaucoup plus vaste. En fait la communication autour d'un homme est très différente de celle autour d'un lieu comme le Paul Ricard HTTT. Il fallait notamment aussi communiquer quand l'écurie n'allait pas bien ... ce qui n'est pas forcément toujours facile...
En ce qui concerne le circuit, le travail est plus varié. C'est certes avant tout un circuit, mais les disciplines sont distinctes (F1, GT, Moto...) et le Paul Ricard HTTT est également un espace de communication. Nous travaillons avec les médias automobiles, mais aussi événementiels, loisirs et différents médias (presse écrite, magazine, radio, tv etc...) ont tous des journalistes spécialisés... Il faut donc s'adresser à chacun d'entre eux pour chaque nouvelle information à diffuser. Le champ d'action est plus large.
Vous avez eu à faire à beaucoup de personnes et de pilotes, est-il plus difficile de s'occuper d'une personne plus que d'une autre ?
Oui, c'est très différent. Par exemple, pour les pilotes, l'information principale qu'il me fallait diffuser concernait les résultats alors que pour Philippe Gurdjian, le Président du circuit Paul Ricard HTTT, les informations sont aussi diverses que variées. Le relationnel joue beaucoup et il est important d'avoir un bon contact avec la personne dont on s'occupe.

Le circuit de tests le plus Hi-tech
Comment êtes-vous passé d'une écurie de F1 à un circuit ?
Mon arrivée en Formule 1 s'est faite un peu par hasard. Au départ je n'étais pas spécialement attirée par ce milieu. J'étais indépendante et je travaillais pour Michelin sur le Championnat GT FIA. En fin d'année, comme c'est le cas pour toutes les personnes travaillant à leur compte dans ce milieu, il me fallait trouver de nouveaux contrats pour la saison à venir. J'ai rencontré Sophie Sicot qui était assistante d'Alain Prost. Nous avons beaucoup discuté, et découvert que nous avions des points communs comme un père très connu dans le milieu du sport automobile.
L'écurie Prost Grand Prix était à la recherche d'une attachée de presse, et si possible de quelqu'un qui n'est pas fan de F1, ce qui était mon cas. J'aimais la Formule 1, mais je n'étais pas 'fan'. J'ai fait deux saisons chez Prost GP comme attachée de presse aux côtés de Patrizia Spinelli qui m'a beaucoup appris... puis je me suis remise à mon compte et j'ai travaillé en rallye, GT, Le Mans et F3.
En 2001, j'ai entendu parlé du circuit Paul Ricard, du projet de Bernie Ecclestone. J'ai postulé et ça a marché. C'est très intéressant de faire partie d'une nouvelle aventure, c'est aussi un peu magique. Cela fait maintenant 4 ans que je suis là, j'ai suivi l'évolution du circuit.
Pourquoi êtes vous rentrez dans le monde du sport automobile ?
Ce n'était pas du tout mon but, c'est le rêve de beaucoup de monde mais pas le mien. Après mes études aux USA je suis rentré en France et mon père m'a demandé mon CV pour m'aider à trouver du travail. J'ai un peu traîné les pieds, je ne voulais pas travailler dans le monde des sports auto. J'ai tout de même fini par accepter son aide. Il était en contact avec quelqu'un qui cherchait une personne maîtrisant l'Allemand et l'Espagnol pour développer la communication d'une écurie de moto (désormais Moto GP) en Europe de l'Est en en Amérique du Sud.
Je suis rentrée comme cela dans le monde la compétition. C'est par le biais de cette société Belge que j'ai atterri un jour sur le circuit Paul Ricard en 1995, c'était une course BPR... En réalité, c'est là que je me suis rendu compte que j'avais moi aussi le virus du sport automobile...
Quelle formation avez-vous suivie ?
J'ai fait des études en Allemagne et aux USA. Je parlais anglais, allemand et espagnol et de retour en France, j'avais repris la fac car les diplômes américains que j'avais n'avaient pas d'équivalence française...J'ai passé le CAPES d'Allemand, mais j'ai été très déçue par l'Education Nationale par ce qu'elle apportait, ou plutôt n'apportait pas. Je n'ai donc pas poursuivi dans cette voie. Mes connaissances linguistiques étaient un atout considérable, mais je n'avais pas de spécialisation. Mon métier de communicante, je l'ai appris sur le terrain.
Voulez-vous rajouter quelque chose ?
Avant mon expérience chez Prost Grand Prix, j'avais créé une agence de Communication qui s'appelait SURIKAT' avec deux amis, Jérôme Leclerc et Pascal Rostagny. Nous avions un projet très intéressant sur les 24 Heures du Mans qui était de créer une écurie 100% féminine. Mais attention, pas de féminisme là dedans...
Le projet s'appelait 'Le Défi au Féminin'. Il a beaucoup fait parlé de lui, et même si nous n'avons pas réussi à la mettre en place entièrement à cette époque pour des raisons purement financières, notre démarche a permis de nombreuses femmes de se rapprocher un peu plus du sport automobile. Pas seulement les pilote, mais également des femmes mécaniciens, des ingénieurs et autres membres d'une écurie. Beaucoup de femmes ont envie de rentrer dans ce milieu mais il existe beaucoup de barrières, nous avons essayé de leur ouvrir des portes.
Pour continuer à faire vivre ce projet nous avions fondé une association l'AFSA (Association pour la Formation et la promotion des Femmes en Sport Automobile), malheureusement mon emploi du temps ne m'a permis de continuer et l'association est en sommeil. Qui sait, peut-être pourrons-nous la relancer...
Notre démarche à l'époque à fait son chemin et a d'ores et déjà ouvert beaucoup de portes... C'est ce qui compte.
Thomas Sobrier, publié le 6 janvier 2006.
© Photos :
Jean François Galeron et Stéphane Gauthier
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