Michelin réagit vivement à la proposition de la FIA de n'autoriser qu'un seul manufacturier de pneus en 2008.
Pierre Dupasquier répond à certaines questions concernant cette nouvelle règle actuellement en discussion et qui succite beaucoup de remous.
Pourquoi la FIA veut-elle introduire un contrôle des pneumatiques en F1 ?
Il y a trios raisons officielles à cela, et je dis "officiel"; réduire les coûts, améliorer la sécurité en réduisant les performances et assurer aux écuries de ne jamais être hors du coup en ayant de mauvais pneus.
En quoi ce contrôle réduirait-il les coûts ?
En ayant un seul type de pneu, sans développement, cela réduirait la distance parcourue par les équipes pour leurs développements pneumatiques. Si les F1 ont un nombre limité de pneus, par exemple, un type pour le sec et un pour la pluie, chaque type serait le même et produit en grande quantité en début de saison. Le nombre de pneus accordé par écurie serait défini en début de saison, pour chaque circuit.
Vous êtes en train de dire qu'il n'y aura plus aucun développement ou de test ?
C'est pour cela que je parlais de raisons "offcielles" tout à l'heure, puisque ces propositions de travailler avec un seul manufacturier cache en fait une chose fondamentale: la réduction du rôle des pneus à un banal composant sans autre valeur ajoutée que celui de faire rouler la voiture. Et en tant que leader mondial dans notre domaine, c'est une chose que nous ne pouvons accepter.
Les constructeurs automobiles et de camions comptent sur nous pour développer les pneus qui assureront plus de conforts et de sécurité pour leurs véhicules, alors qu'en F1, sensée être une vitrine technologique, les pneus seront relégués à un rôle banal.
Cela n'a aucun sens pour nos consommateurs et pour l'image des pneumatiques. Quand vous êtes un leader, vous avez des responsabilités vis-à-vis de votre profession.
Vous voulez donc dire qu'économiser ne passera pas par les pneumatiques ?
Nous avons déjà vu une baisse significative des nombres de pneus alloués à chaque voiture avec la réglementation actuelle : trois trains de chaque pneus secs et pluie, deux types par week-end de course et un train pour les qualifications et la courses. Une réduction de la distance couverte en test est actuellement verrouillée.
Est-ce que Michelin a fait des propositions concernant la limitation des essais ?
En 2004, au Grand Prix du Brésil, nous avons fait une proposition écrite à M. Ecclestone qui nous avait approché à propos de ce problème : « Michelin déclare qu'il est en mesure de développer ses neumatiques F1 sans pour cela faire de tests spécifiques. Il est possible de monter nos pneus sur les voitures quand celle-ci testent des boîtes de vitesses ou leur aérodynamique. »
Cependant, je voudrais souligner que Michelin est pour des tests spécifiques au développement des pneus. Nous pensons que, pour des raisons de sécurité, les manufacturiers devraient être autorisés à tester sur de nouveaux circuits ou sur des circuits sur lesquels le revêtement a été changé.
Si les propositions de Michelin étaient appliquées dans une situation où plus d'un fabricant de pneu était encore impliqué, quelles sortes d'économies pourraient être réalisées?
Nous avons deux propositions pour réduire les coûts: moins de types de pneumatiques et une réduction de la distance parcourue en tests. A 800 dollars le kilomètre de test, cela s'ajoutera et fera de précieuses économies. Vous pouvez raisonnablement réduire la distance annuelle de 20 000 km par an par écurie.
Multipliez ça par le nombre d'écurie et cela fait plus de 200 000 km et cela économise 160 millions de dollars ! C'est quelque chose que nous avons déjà mis en application en WRC avec notre autre marque du groupe.
Traduction Thomas Sobrier, publié le 9 septembre 2005.
© Photos : Michelin
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