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LE MANS 2005 : Pescarolo
Pescarolo 2 ème des 24 Heures du Mans

Deuxième, l'équipage de la numéro 16 n'a pas à rougir
L'écurie Pescarolo Sport a terminé pour la première fois de sa jeune histoire sur le podium des 24 Heures du Mans à l'issue d'une course haletante, bousculée par de très nombreux retournements de situations.
Parties en première ligne samedi à 16 heures, les deux Pescarolo C60 Judd n°16 et n°17 de l'écurie française prenaient dès le départ le contrôle de la course, en tournant 6 à 8 secondes plus vite que leurs suivants, incapables de suivre leur rythme. Mais, cette belle démonstration de rapidité et d'assurance, déjà entrevue aux essais de mercredi et de jeudi, puis au warm up, s'assombrissait à l'occasion d'incidents de courses et de défaillances mécaniques, à chaque fois lourdes en minutes perdues.
L'une après l'autre, les deux voitures françaises cédaient leurs places de têtes à leurs poursuivants. La 17 d'abord, à la suite d'un accrochage de Soheil Ayari avec des attardés (5 minutes au garage pour réparation), la 16 ensuite, victime d'un problème de boîte de vitesses (31 minutes d'immobilisation en deux arrêts).
Revenus en piste loin des voitures de tête, les deux équipages de Pescarolo Sport engageaient alors une fabuleuse course-poursuite pour reconquérir les deux premières places du classement, chevauchée fantastique qui a pris seulement fin à l'arrivée de l'épreuve dimanche à 16 heures.
Crevaisons, nouveaux accrochages, pénalités, rien n'a été épargné aux six pilotes. Sébastien Loeb, qui vivait là ses premières 24 Heures du Mans, a traversé et goûté un condensé de ce que la plus célèbre épreuve automobile du monde offre de plus difficile, efficacement encadré par ses co-équipiers Eric Helary et Soheil Ayari.

Loeb a beaucoup appris
Courant en permanence après le retard accumulé en début de course, les pilotes ont enchaîné les prouesses au volant pour combler l'écart les séparant des voitures de tête. Tour après tour, forçant le tableau de marche prévu, ils sont revenus au fil des heures vers le haut du classement. Hélas, à chaque fois qu'ils reprenaient contact avec le haut de la course, un nouvel incident compromettait l'édifice construit. Le plus cruel était sans doute la punition infligée à la n°17 par un pilote maladroit qui, alors que la voiture était remontée au classement, poussait Soheil Ayari dans le bac à sable de la première chicane (chicane PlayStation) au 282 ème tour.
Toute la nuit, puis toute la matinée, les deux voitures de l'équipe vont faire le yoyo au classement, alternant performances époustouflantes des pilotes et événements extérieurs, brisant parfois net cet élan. Au coeur de la nuit, il fallut aux très talentueux pilotes livrer la quintessence de leur talent. L'infernale cadence de course sublimait les six qui enchaînaient les record du tour.
Alors que le soleil se levait sur la Sarthe, les deux voitures étaient revenues dans le Top 5 et, cette première mission accomplie, pouvaient s'élancer à la conquête du seul objectif poursuivi : la victoire.
Faisant céder un à un les adversaires sous la pression, et croyant de plus en plus en l'issue heureuse de cette incroyable remontée, les deux équipages -le « rookie » Sébastien Loeb tenant lui aussi la cadence- augmentaient encore la pression d'un cran. Sous les coups de boutoirs redoublés, leur talent merveilleusement bien servis par des mécaniques fidèles, une ultime chasse sur les Audi de tête s'engageait. Henri Pescarolo avait donné lui même le mot d'ordre : « gagner ». La cadence allait encore grimper d'un ultime cran !

Jusqu'au bout ce fut possible d'y croire
A 11h27, dans son 287 ème tour de course, Soheil Ayari qui venait juste de reprendre le volant, était victime d'une spectaculaire sortie de piste (dont la raison n'était dimanche soir pas encore parfaitement connue). Revenu au ralenti aux box, il ne laissait pas d'autre choix à Henri Pescarolo que de signifier l'abandon de la voiture n°17, tant son état était grave.
Dès lors, seule la Pescarolo n°16, alors installée en deuxième position, restait en lice pour la victoire. De cet instant, Jean-Christophe Boullion, Emmanuel Collard et Eric Comas donnèrent au volant un récital d'une virtuosité rare.
Livrant toutes leurs forces, tout leur talent, osant tout, les trois pilotes de Pescarolo Sport reprirent 4 à 7 secondes à chaque tour à l'Audi n°3. Mais ce n'était pas suffisant pour coiffer leurs adversaire et la Pescarolo C60 Judd n°16 décrochait la deuxième place, à l'issue d'une bataille qui tenait les 200 000 spectateurs manceaux en haleine. Sans parler des millions de téléspectateurs dans le monde entier. Une dernière heure d'anthologie.
Les classements :
Voiture n°16 (Jean-Christophe Boullion, Emmanuel Collard, Erik Comas) :
Essais qualificatifs : pole position (3'34''715)
Course : 2 ème (5 010 km parcours en 24 heures)
Voiture n°17 (Soheil Ayari, Eric Helary, Sébastien Loeb) :
Essais qualificatifs : 2 ème place (3'35''555, Soheil Ayari)
Course : abandon 282 ème tour
communiqué , publié le 20 juin 2005.
© Photos : O.Jennequin - www.racingforever.com
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